Ma Pratique Quotidienne

La pratique quotidienne…

........résultat d’une discipline ou action récurrente réalisée avec facilité ?

de Cassandra Kish, Professeur de Vidyaa Yoga Paris

Quand nous nous adressons à des personnes n’ayant jamais suivi de cours de yoga, mais « qui y ont déjà pensé », nous réalisons vite que l’image mentale « je suis la personne la moins souple du cours » est plus souvent la raison qui les retienne d’y assister vraiment.

En discutant avec un yogi pratiquant, une question revient souvent : « comment faites-vous pour pratiquer tous les jours ? » Nous pensons facilement que le yogi qui s’exerce régulièrement est particulièrement fort et passionné… En fait, quand nous rencontrons des personnes qui ont entrepris quelque chose de « sain » pour eux, et qu’elles s’appliquent de manière authentique, nous avons tendance à les classer parmi les gens « sérieux ».

Il semble que nous attachions le « bien faire » à une idée d’effort et de discipline, tandis qu’il semble beaucoup plus facile de ne pas faire ce qu’il faut… De fait, et cela est vrai pour la plupart des choses, « l’idée » et « la réalisation » sont souvent deux choses bien différentes.

S’engager dans la pratique du yoga vise comme but ultime de se défaire des 5 kleshas de Patanjali (Ignorance, Egoïsme, Attachement, Dégoût et Peur de la perte) et de créer une « paix totale », état constant de l’esprit pour le pratiquant…

Il suffit pour cela de monter sur son tapis tous les jours… Facile n’est-ce pas ?

L’esprit construit une image selon laquelle cette action, celle qui consiste à s’astreindre à monter sur son tapis et à s’exercer, demande beaucoup d’efforts. Pourtant, si vous mangez de la nourriture tous les jours et dormez chaque nuit, vous pouvez également faire du yoga avec la même régularité… Poussons le raisonnement plus loin : admettons que vous ne mangiez que deux fois par semaine, et que vous ne dormiez que trois fois par semaine, quel bénéfice tireriez-vous de ces actions ?

L’esprit a une troublante facilité à nous convaincre que la difficulté associée à « bien faire » est très élevée. Les images qui nous viennent nous font envisager une déperdition de notre précieuse énergie à accomplir une noble tâche, qui peut être une bonne action, un geste de tendresse envers l’être aimé, un moment passé avec les enfants, un régime végétarien ou une pratique quotidienne du yoga.

D’un autre côté, attendre dans la queue d’un fast-food de pouvoir acheter n’importe quelle nourriture pour notre famille nous apporterait le soulagement du devoir accompli ?.. Vraiment ?

Dans les publicités et les émissions télévisées, il y a souvent cette scène dans laquelle un personnage pousse un soupir de soulagement tandis qu’il porte à ses lèvres un cocktail, à la fin d’une semaine chargée. Nous tous Pensons, Faisons et Disons des choses chaque jour qui ont un effet négatif sur nous-mêmes et sur ceux qui nous entourent, et pourtant nous y allons sans réserve…

Bien souvent, en arrivant chez vous, vous pensez « J’espère que les enfants vont me laisser tranquille, je veux juste me vautrer devant la télévision ».

Dans cette situation, votre esprit vous fait considérer vos enfants comme une source de stress, et la télévision comme une source de confort. Nous considérons le travail comme stressant, comme quelque chose qui doit être fait, que nous sommes obligés de faire (pour tous les autres), et une fois que nous sommes rentrés chez nous, nous avons besoin de nous mettre à l’écart de nos propres familles. 

L’alternative laborieuse serait sans doute de jouer à quatre pattes avec les enfants, et ensuite de préparer le dîner tous ensemble, peut-être même d’envisager une bataille d’oreillers, et ensuite, au lit. Mais nos esprits sont persuasifs, nous sommes comme englués dans notre perception qu’une pratique quotidienne du yoga est trop difficile, que nos emplois, que nous avons souvent choisis, sont une source de stress, qu’être végétarien demande trop d’efforts, que toutes les bonnes choses sont simplement hors de notre portée. En fait, nous envisageons la quasi-totalité de la journée comme un facteur de stress. Je ne suis pas psychiatre, mais je ne suis pas certaine qu’il s’agisse là d’une attitude parfaitement saine.

Nous investissons tant à créer notre « cadre de vie », que l’on compose d’une famille, d’une maison, d’une éducation, d’un travail, etc. Après avoir accordé autant de temps, d’argent et d’efforts pour y parvenir, pour construire des fondations solides, nous décidons que ce sont ces mêmes choses qui nous rendent malheureux. Alors, comment faire pour changer notre manière de voir ? Comment amener nos esprits à soutenir nos propres décisions ? La manière la plus efficace de profiter de la vie est la pratique quotidienne. En tant qu’être humain vivant dans un monde moderne, nous adorons être multi-tâches, et d’ailleurs, nous sommes fiers de cette capacité à nous démultiplier. Réalisant plusieurs activités à la fois, nous voudrions trouver une « activité » qui aurait un effet domino. Nous cherchons cette chose unique qui entraînerait nos esprits à penser que nous sommes en train de « bien faire ». Une activité qui nous emmènerait sur un chemin jalonné de choix positifs, dans tout ce qu’ils touchent. Celle-ci se trouve en fait juste devant nos yeux…

J’suis allée écouter un orateur célèbre, il y a quelques années. Il expliquait que « si vous n’aimez pas ce que vous faites, soit vous changez d’activité, soit vous changez votre perception de cette activité ».

Cette phrase a résonné en moi. Elle m’a permis d’appréhender la réalité selon laquelle mon bonheur au travail, ou avec une personne, ou n’importe quoi d’autre en fait, ne dépendait pas de ce travail ou de cette personne… mais de moi-même. Ma manière de percevoir est-ce que c'est ça qui m’apporte le bonheur ou non.

Si vous y pensez, quand une personne vit une expérience de mort imminente et y survit, elle ressent généralement un sentiment renouvelé d’amour et de loyauté envers sa famille, un Amour de la vie qui n’existait pas avant cette quasi-mort. La famille, ou le travail, de cette personne n’a pourtant pas changé… mais elle, si. Une personne ayant traversé cette expérience difficile est transformée. L’expérience même a conduit à un désir de vie renouvelée, et à une nouvelle appréhension des choses.

Alors, comment faire pour changer notre manière de voir ? Comment amener nos esprits à soutenir nos propres décisions ? Nous cherchons cette chose unique qui entraînerait nos esprits à penser que nous sommes en train de « bien faire ». Une activité qui nous emmènerait sur un chemin jalonné de choix positifs, dans tout ce qu’ils touchent.

Celle-ci se trouve en fait juste devant nos yeux…

La pratique, la pratique, la pratique. Donc… pour répondre à la question première « est-il facile de bien faire ? »

C’est beaucoup plus facile en pratiquant sérieusement et quotidiennement le yoga, qui donne du temps à l’esprit et permet la clarté. La pratique quotidienne peut se constituer de 15 minutes de salutation au soleil et de méditation, ou il peut s’agir de 2 heures de séries avancées d’Ashtanga ; en fait, le niveau importe peu… Montez simplement sur votre tapis… Concentrez-vous sur la première respiration, le premier mouvement ». Fluide Fluide Fluide !

 

Biographie de Cassandra

Cassandra Kish a 30 ans d’expérience dans les métiers de la santé. Elle a travaillé en Thaïlande, aux USA, en France et au Mexique. Elle a collaboré avec Antonio de la Rua (fils de l’ancien président d’Argentine, et architecte de sa campagne), Shakira (chanteuse pop colombienne), Elli Medeiros (actrice,mannequin et chanteuse), des diplomates américains, des chanteurs d’opéra et des sociétés de production de films. Après voir obtenu son diplôme, Cassandra a travaillé pour Adidas USA, en tant que coordinatrice des grands comptes, puis est devenue représentante technique pour toutes les gammes stretch, incluant la course et le triathlon.

Son emploi au sein d’Adidas lui ont permis de rencontrer des stars et athlètes de haut niveau, tels qu’Ivan Lendl, Stephie Graf, Hershal Walker, Patrick Ewing, Dolph Lundgren et Sylvester Stallone. Cassandra a beaucoup bénéficié de son expérience au sein de l’industrie des articles de sports, prolongeant plus tard cette expérience en collaborant avec Bloomingdales NYC, et Danskin.

À 24 ans, au cours d’une opération du genou, elle a souffert d’une blessure à la jambe qui a entraîné un lourd handicap, appelé « pied tombant ». Incapable de marcher, Cassandra a dû quitter l’industrie des articles de sports. De nombreux médecins lui ont alors expliqué qu’elle ne pourrait plus jamais marcher sans l’aide d’un appareil orthopédique. Refusant cette solution sans espoir, elle s’est mise en quête d’un autre type d’aide. Sur recommandation, elle est allée consulter un médecin de Philadelphie. Son nom était Dr Elliot Diamond, à la réputation impressionnante. Le Dr Diamond était spécialisé dans les cas désespérés, et obtenait de très bons résultats. Cassandra s’est engagée dans une rééducation de 3 ans, à raison de 3 fois par semaine. Dr Diamond a utilisé pour la remettre sur ses pieds la « Gate therapy », l’acuponcture, la podorythmie biomécanique et dans le même temps, une thérapie alors peu connue, appelée pilates.

Les pilates ont changé sa vision du handicap. La peur que le handicap devienne le centre de son attention et de son mode de vie disparut. Elle observait des résultats impressionnants sur son état physique, émotionnel et opérationnel. Elle apprenait à faire le travail que son pied ne pouvait pas réaliser, à partir de ses muscles abdominaux. Dr Diamond réapprit à Cassandra à marcher, à monter et descendre des marches, à conduire : à réaliser tous les mouvements nécessaires pour « vivre sa vie ». Il a également recommandé, en tant que partie intégrante de sa rééducation, de compléter les pilates par du yoga. En 1988, Cassandra s’est rendue au Bikram’s Yoga College pour y suivre des cours et apprendre les postures chaudes sous la direction des meilleurs. Elle a été conquise par ce yoga « chaud », et a continué à le pratiquer jusqu’en 1995, date à laquelle elle a assisté à son premier cours de power yoga auprès de Baron Baptiste, dans son studio de Philadelphie. Elle a rapidement été recrutée par Baron pour enseigner tant aux studios de Philadelphie que de Cambridge, ce qu’elle a faitjusqu’en 2001. Elle ouvrit alors Vidyaa Yoga à Bucks County, Pennsylvanie.  Pour faire des cours avec Cassandra