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Mika de Brito

 

Mika de Brito enseigne depuis une quinzaine d'années en France et à l'international. Il amène fraicheur et un style unique avec une petite touche française.

Fondateur du Yogalab et Tout Ça Pour Ça, co-fondateur des festival de yoga BLISS, Mika enseigne des cours régulièrement sur Paris et des ateliers et retraites en France et "ailleurs".

Mika De Brito - 100 Postures Toute une Philosphie de Vie

Mika vient sortir son premier livre avec Hachette 100 Postures Toute une Philosophie... Voici des extraits de l'entretien que Hachette a fait pour découvrir plus sur Mika pour la sortie de son livre...

Namasté, Mika

COMMENT AS-TU COMMENCÉ LE YOGA ?

J’avais à peine 20 ans, j’étais encore un gavroche avec des paillees dans les yeux. Musicien à Paris, j’arrivais de Bordeaux. J’accompagnais en tant que performeur un artiste qui se désignait lui-même comme « sculpteur ritualiste ». Karom, de son vrai nom Jean-Philippe Thomasson, était mon ami, un grand frère de 30 ans mon aîné. Un artiste, un doux dingue et un poète. Il sculptait des champs de blé et de maïs et leur donnait forme humaine, puis ses oeuvres disparaissaient avec les saisons. Il faisait aussi des sculptures à taille humaine, et moi j’intervenais lors de ses représentations. Il tenait à ce que la sculpture soit un art de l’instant, comme la musique qui n’existe qu’au moment où elle est jouée ou entendue, un art de « l’impermanence » des choses. Il était un initiateur, comme peut l’être un chaman.

Si j’évoque Karom, c’est parce qu’il m’a présenté la personne qui « m’a offert le yoga. » Il est important de citer ceux qui vous ont « amené à » quelque chose, ceux qui vous font découvrir une chanson, un livre, qui vous ouvrent leur univers… Tous ces gens comptent, car ils participent, parfois sans le savoir, à votre évolution. Karom m’invita un jour à l’Espace Cardin, il voulait me présenter Marcel Marceau, le célèbre mime.

En moi-même, je me suis dit : « Quoi ? Le mime Marceau ? » Je n’ai jamais été impressionné par qui que ce soit, mais cette fois, j’avais le souvenir de moi enfant en train de regarder la télévision et de découvrir Michael Jackson apprenant le moonwalk avec Marcel Marceau. J’étais enchanté à l’idée de le voir jouer, et peut-être même d’entendre la voix de l’homme, cet illustre silencieux. En arrivant au théâtre, Baptiste était là… ...... Il me parlait de yoga, de chamanisme et d’histoire. Baptiste est un grand voyageur et un érudit ; une discussion avec lui a su à combler mes lacunes. Il m’a invité à revenir voir son père jouer le lendemain, et également à une séance de yoga ashtanga avec les comédiens de la troupe. J’y suis allé, les mains dans les poches, en me disant que j’allais juste suivre un cours de yoga… tranquille ! Dans la salle, il n’y avait que des performeurs, des contorsionnistes, des athlètes… Bref, des gens qui vivent dans leur corps.....

Il m’a fallu trois mois pour revenir… La fois suivante, c’était toujours aussi diffcile. Mais je n’oublierai jamais mes jambes légères après le cours. J’avais l’impression de faire de grands pas en marchant, d’être alerte, d’avoir augmenté toutes mes facultés. C’est alors qu’a débuté un an et demi d’amitié et d’apprentissage. Je me retrouvais chez Marcel Marceau et Baptiste.

...... C’était parfait à 20 ans.

Quoi de mieux que de découvrir le yoga à travers une rencontre ? Finalement, l’histoire se répète : l’enseignement se transmet de maître à élève.

J’ai toujours considéré que ceux que l’on appelle des « maîtres » ne sont ni plus ni moins que des grands frères ou des grandes soeurs qui ont emprunté un chemin ou répété un geste tant de fois qu’ils sont capables de vous guider les yeux fermés. Et puis Baptiste est parti vivre au Mexique. J’ai alors commencé à enseigner par accident et j’ai rencontré d’autres professeurs par la suite. Baptiste est toujours resté mon ami.

À cette époque, en France, le yoga n’avait rien de populaire, ça, c’est sûr.

La question qui revenait souvent et de manière très abrupte était : « Le yoga, ce n’est pas une secte ? » Je restais interdit et je commençais à mesurer à quel point l’ignorance n’a pas de limite. Il y avait à Paris quelques clubs qui pratiquaient un yoga traditionnel, entendez par là un yoga doux, que l’on appelle le « hatha-yoga », avec, à tort, dans l’esprit des gens, un héritage new age, hippie. Certains de ces clubs ou associations existaient en France depuis longtemps, mais ils sont restés méconnus du grand public pendant de nombreuses années. Il y avait bien Gérard Arnaud et Caroline Boulinguez, et on entendait parler des grands maîtres Sivananda, Iyengar… Mais ça n’avait rien à voir avec l’explosion du yoga que l’on observe aujourd’hui. Baptiste m’avait enseigné l’ashtanga yoga tel qui lui avait été transmis par Pattabhi Jois, David Life et Danny Paradise, des grands professeurs : une méthode martiale, qui en réalité s’appelle « yoga korunta », une pratique très physique et en mouvement.

Personne, hormis les aficionados, ne pouvait à cette époque imaginer quelque chose de dynamique en évoquant le yoga. Aux États-Unis, Madonna et Sting le pratiquaient déjà, notamment avec Danny Paradise. ....

Et les hippies, dans les années 1960, ont vraiment intégré le yoga à leur évolution, comme les Beatles avec le grand maître Maharishi. Dans la pensée commune, un esprit de romantisme était souvent associé à l’Inde, aux yogis ou aux sages de l’Orient. Et cela perdure depuis longtemps.

Toujours à cette époque-là, on me demandait si j’étais déjà allé en Inde. Non, je n’ai pas appris le yoga en Inde (même si j’y suis allé plus tard), mais je ne suis pas non plus allé au Japon pour apprendre l’origami, ni en Écosse pour la cornemuse ou le tango en Argentine.

Il est évident qu’en Argentine, on ressentira l’essence du tango jusque dans l’échine, et qu’à Rishikesh ou Gangotree, on croisera des êtres authentiques qui répètent des gestes séculaires et donnent le vertige plus facilement qu’à Paris. Mais on peut vivre à Paris et être authentique, non ?

Il y avait aussi cet autre a priori : le yoga était réservé aux femmes.

Ce préjugé est encore assez présent, même si de plus en plus d’hommes pratiquent le yoga. L’énergie qui incarne la discipline est certes féminine, mais cette énergie est incarnée dans le corps d’un homme-dieu : Shiva. Mon professeur indien me disait que le yoga avait été transmis aux hommes pour apprendre à canaliser leur énergie vitale. Je suis un homme, je pratique du yoga et je me sens bien… Que pourrais-je ajouter à cela ?

COMMENT SE DÉROULENT TES COURS ?

Il y a mille et une manières d’enseigner, tout comme il y a mille et un types d’élèves. Dans mes cours, je propose trois approches : le vinyasa krama (un enchaînement dynamique de postures), la méditation et la relaxation (avec le son nada yoga), et les cours d’alignement où l’attention est portée sur la posture. Je propose aussi des cours ludiques, par exemple avec le Yogalab, en immersion sonore.

.... Mon cours de vinyasa krama est le plus populaire. Vi signifie « ordre » et nyasa, « placer ». Il consiste en une séquence ininterrompue de plusieurs unités (kshana) formant un ensemble du début à la fin. Le cours commence par un exercice de respiration (prânâyâma) sur un son métronomique. ......On s’abandonne peu à peu à une espèce de transe légère ou intense ! Les asanas se succèdent. Puis le rythme ralentit, la musique devient plus calme, jusqu’à ce qu’elle ne soit plus qu’un son à peine perceptible. On s’assoit pour une minute de silence et de méditation. Puis on s’allonge pour la relaxation finale.

C’est un cours assez complet et ouvert à tous, même aux débutants. Il n’est demandé à personne d’aller loin dans la performance, au contraire : les débutants freineront le zèle des élèves confirmés, tandis que ceux-ci motiveront les premiers. La respiration nous unit et les postures synchronisées nous donnent plus de force. Chacun de nos mouvements est porté par ceux des autres.......

À la fin de chaque cours, je dis « merci »… Merci du fond du coeur.

J’ajouterais que l’important au départ est surtout d’avoir envie d’apprendre. Puis, pour avancer, il faut de la patience, de l’humilité et savoir s’amuser. Il faut aussi trouver son professeur, celui que vous comprenez et qui vous comprend. Tel est sans doute le meilleur parcours que l’on puisse suivre.

LA PRATIQUE DU YOGA IMPLIQUE-T-ELLE UNE HYGIÈNE DE VIE IRRÉPROCHABLE ? QUEL EST TON MODE DE VIE ?

« Je ne peux être libre si tous ne le sont pas », dit l’adage philosophique. Je me sens très solidaire du plus nul ou du plus dile§ante d’entre nous ! Évidemment, j’entretiens une hygiène physique, une hygiène morale qui n’engage que moi, une hygiène alimentaire, une hygiène éthique quant à mes choix de consommation… Mais c’est avant tout un confort personnel. Je ne suis pas pour autant irréprochable. J’apprends de mes erreurs. Et bien souvent, d’ailleurs, il ne s’agit pas d’erreurs mais d’événements ou de hasards, etc. Je ne veux pas être un surhomme mais un être humain. Un homo sapiens qui a conscience d’avoir conscience !

Et je veux jouir pleinement d’être incarné et de faire l’expérience de la vie. Dans le film Les Ailes du désir de Wim Wenders, l’un des deux anges ne rêve que d’une chose : voir la vie en couleurs, se frotter les mains quand il fait froid, être amoureux… être vivant pleinement. Paradoxalement, beaucoup d’hindous font du yoga pour atteindre moksha, pour être délivrés de la roue du samsara, celle des morts et des renaissances, pour ne plus revenir sur Terre et vivre au Nirvana. Le yoga revêt tellement de visages. Je ne veux donc pas être un héros mais un humain.

Le yoga nous aide à construire une communauté de gens bienveillants. Ça n’a rien d’une utopie. On n’est pas obligé de tous s’aimer. Mais on doit bien admettre que nous devons vivre ensemble.

En ce qui concerne l’hygiène de vie, il existe un livre que tous les yogis doivent avoir à leur chevet : les Yoga-Sutras de Patañjali. Il explique quels sont les huit piliers du yoga. Les deux premiers parlent de discipline à observer pour commencer le yoga. Ils abordent l’hygiène morale et l’hygiène physique. Chacun peut s’y référer et décider d’adapter ces préceptes à sa manière.

QUE PENSES-TU DU YOGA UN PEU “ PAILLETTES ”, DE CET EFFET DE MODE AUTOUR DU YOGA ?

C’est bien, pourquoi pas ! Le yoga nous enseigne à aller au-delà de son nom et de sa forme. Les modes ne sont que des modes et s’effacent avec le temps. Ce qui est intemporel reste intact. L’intérêt, même fantasmé, que l’on porte au yoga montre simplement une aspiration sous-jacente, celle d’une meilleure écoute de soi et du monde, et c’est tant mieux. Le yoga dépasse toujours la simple pratique sur le tapis… Il y a certainement plus de d’aspirants que de pratiquants. On achète, on décore sa vie. Nous vivons dans un monde de consommation. Aujourd’hui, on consomme aussi du yoga, mais parfois, certains finissent par intégrer son enseignement dans leur vie et pratiquent enfin. Les puristes ne veulent pas voir la spiritualité associée au commerce. J’imagine seulement qu’il faut laisser s’exprimer le yoga, un peu comme une entité vivante, avec toute sa force et ses débordements. Si les valeurs du yoga deviennent un simple slogan publicitaire, si certains surfent sur la vague du yoga et si cela choque, peut-être faut-il au moins croire que ce phénomène contribue d’une manière ou d’une autre à répandre l’enseignement du yoga et finit par a§eindre les personnes qui s’y impliqueront entièrement.

À QUEL RYTHME PRATIQUES-TU LE YOGA ?

Si on aiguise trop un couteau, il ne coupe plus. Trop de yoga tue le yogi ! Si le yoga était un sport, ce serait un sport d’humilité. Vous devez faire du temps votre ami et pratiquer de manière régulière. Je pense sérieusement que le véritable challenge réside dans la régularité, plus que dans le dépassement de soi. Donner des cours et pratiquer sont deux choses différentes. Mais personnellement, je pratique quotidiennement depuis 1997. Il m’est arrivé de m’arrêter durant un mois maximum. La dernière fois, c’était il y a au moins deux ans. C’est rare, cependant. Je dois pourtant avouer qu’il y a des jours sans. Mais heureusement, je ne suis pas psychorigide. L’important, c’est de pratiquer. Mon ami et partenaire Marco Prince me rappelait cette phrase du chanteur Prince : « Joy in répétition. » Autrement dit, trouve la joie dans la répétition. Donc je fais du yoga tous les jours de ma vie. J’ai connu une phase qui a duré trois ans où je me réveillais chaque matin à 5 heures et je pratiquais pendant 6 à 8 heures par jour. À l’inverse, il y a eu d’autres phases où je préférais aller faire de la batterie ou du roller le matin et pratiquer en milieu de journée. Parfois, je ne fais que méditer, d’autres fois, j’approfondis plutôt telle ou telle posture. Ça dépend de mon humeur. Certains jours, nous n’avons aucun équilibre, pas de force, ou simplement pas envie… Ce n’est pas grave. Encore une fois, l’essentiel, c’est de pratiquer, même un peu.

Pattabhi Jois disait à propos de cette discipline que c’est « 99 % de pratique et 1 % de théorie ».

Alors patience et humilité…

QUEL ENCHAÎNEMENT DE POSTURES EN 10 MINUTES SUGGÈRES-TU POUR BIEN DÉMARRER LA JOURNÉE ?

Je commencerais par un exercice de respiration. J’enchaînerais avec une Salutation au Soleil. Rien de mieux que la Salutation au Soleil pour ouvrir le dos et la poitrine et laisser le sou.e circuler. Et je terminerais par une courte méditation.

YOGALAB, TOUT ÇA POUR ÇA, C’EST QUOI ? Ce sont des projets autour du yoga. Avec Yogalab, l’idée est de pratiquer le yoga en immersion sonore. Nous travaillons sur les fréquences binaurales, des fréquences sonores émises par le cerveau. En émeant nous mêmes ces fréquences, nous pouvons influencer nos états émotionnels, de concentration, etc. La musique et les sons jouent sur nos humeurs. Elle peut nous rendre tristes, agressifs, calmes, ou nous élever. Les musiciens de l’Inde ancienne l’avaient déjà compris. .... Le travail en immersion du sonore c'est avant tout un travail sur le silence. Grâce à la musique, nous pouvons faire l'expérience du yoga de manière non verbale.

Avec Tout Ça Pour Ça il s'agit plus d'informer, de faire découvrir sans prosélytisme de nouvelles alternatives comme le développement durable d'en présenter les acteurs sans forcément être activiste mais en faisant du mieux que l'on peut. Nous organisons avec Sidonie Siliart des évenements comme les festivals ou des happenings autour de la cuisine, du yoga et de la musique. Il s'agit d'incarner les actions que nous soutenons....et essayer de faire évoluer les mentalités par l'exemple et la pratique dans un univers urbain est aussi sincère et authentique. 

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